Rendre un observatoire transfrontalier accessible en trois langues : le cas Interreg GOT-FWVL
13/08/2026
Un site institutionnel financé par des fonds européens s’adresse rarement à un seul public. Dans le cas de l’observatoire transfrontalier France-Wallonie-Vlaanderen (GOT-FWVL), le défi était encore plus net : trois versants de territoire, trois langues de travail, et des publics qui vont du chercheur en développement territorial au décideur public en passant par le citoyen curieux de comprendre les dynamiques de sa région.
Voilà comment Estelle, notre experte en accessibilité web chez Fidelo Agency, a abordé le sujet sur ce projet.
Un contexte qui pose l’accessibilité comme un prérequis
Le GOT-FWVL est un projet soutenu par le Fonds Social Européen (FSE), réunissant plusieurs partenaires autour du développement territorial et de l’innovation sociale. Sur ce type de dispositif transfrontalier et cofinancé, l’accessibilité n’est pas seulement une bonne pratique : elle conditionne la capacité même du projet à remplir sa mission de diffusion de la connaissance auprès de l’ensemble de ses parties prenantes, quelle que soit leur langue ou leur façon de naviguer sur le web.
Concrètement, cela signifie que le site devait viser une conformité aux critères WCAG 2.2, au minimum niveau AA (obligation légale).
Le vrai défi : faire tenir ensemble richesse de contenu et clarté d’usage
Le site devait structurer des contenus nombreux et interconnectés tout en restant lisible et navigable pour un visiteur qui découvre le projet pour la première fois. C’est une tension familière en accessibilité : plus l’information est riche, plus la structure qui la porte doit être rigoureuse pour ne pas se transformer en labyrinthe.
Nous avons construit des types de contenus personnalisés dédiés aux thématiques et aux partenaires, avec une logique d’association dynamique entre eux. Concrètement, cela veut dire que la hiérarchie de l’information n’est pas seulement visuelle : elle est portée par la structure sémantique du site, ce qui bénéficie directement à la navigation au clavier et aux technologies d’assistance.
Le multilingue, une question d’accessibilité à part entière
Un site en français, néerlandais et anglais pose une exigence d’accessibilité qui dépasse le simple contraste de couleurs ou la navigation clavier : chaque version linguistique doit être correctement balisée, avec l’attribut lang renseigné sur chaque page, afin qu’un lecteur d’écran prononce le contenu dans la bonne langue plutôt que de plaquer une prononciation française sur du néerlandais, ou l’inverse.
Sur un projet transfrontalier comme celui-ci, ce détail technique a un impact réel : il détermine si le contenu reste réellement compréhensible pour un utilisateur non-voyant ou malvoyant, quel que soit son versant du territoire.
Des blocs Gutenberg pensés pour rester accessibles dans le temps
Le site a été construit sous WordPress avec l’éditeur Gutenberg, pour donner aux équipes de l’observatoire une autonomie complète dans la gestion de leurs contenus. Ce choix a une conséquence directe sur l’accessibilité à long terme : un site accessible au lancement mais qui devient inaccessible au fil des publications parce que les rédacteurs ne disposent pas des bons outils, ce n’est qu’une victoire à moitié.
Ce qu’on a évalué et comment
Avant la mise en ligne, nous avons utilisé l’outil Accessibility Check du SPF BOSA (l’outil de référence recommandé par les autorités belges pour ce type d’évaluation), complété par une auto-évaluation manuelle, notamment en naviguant le site uniquement au clavier et en testant avec un lecteur d’écran.
Le résultat : une conformité partielle, honnêtement documentée dans la déclaration d’accessibilité publiée sur le site. Partielle en partie à cause du logo Fidelo en footer, un point que nous avons choisi de documenter plutôt que de dissimuler, parce que la transparence fait partie de la démarche.
Pourquoi ce projet nous a marqués
Un observatoire transfrontalier n’a de sens que s’il parvient à faire circuler la connaissance entre trois versants de territoire, trois langues et des publics aux profils très différents. Un site qui ne serait accessible qu’à une partie de ces publics irait à l’encontre de l’objectif même du projet : mieux comprendre les réalités locales et permettre des politiques publiques plus cohérentes, pour tout le monde.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’accessibilité ou si vous souhaitez auditer votre propre site internet, contactez-nous !
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